tabula_rasa

 bélisle_marie 

{ tablette sur table }

tabula_rasa_51

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Le samedi s’allonge et les vitrines affirment leur appel au bonheur.

tabula_rasa_50

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Une décennie s’est ouverte dans la saison qui s’obstine.

048

Les présents conjuguent les écritures. L’histoire longue se poursuit dans les cahiers et dans les ors, dans le platine et les pixels comme une amitié s’infuse ou se tisse, selon l’heure du jour ou la tonalité des encres. Les livres à venir inventeront des images encore.

L’intelligence est en puissance, comme les choses mêmes qu’elle pense, sans en être aucune en réalité, en entéléchie, avant que de les penser. Il en est ici comme d’une tablette où il n’y a rien d’écrit en réalité, en entéléchie.

Aristote, De l’âme, III, 4 § 9 (430a)

Une tablette numérique est posée sur une table. Devant l’écran, un clavier qui permet d’écrire. Derrière l’écran, une table, son contenu et son décor. Il s’agit donc de photographier cette table, puis d’écrire, à partir de cette matière première visuelle. Le temps passe, le lieu change, mais la manière de faire est toujours la même. La tablette, chaque fois, est arasée pour que s’y impriment une nouvelle table et un nouveau texte.

Contrairement à l’idée reçue, la locution latine tabula rasa ne réfère pas a priori à une table qu’on aurait débarassée de tout objet, mais plutôt à une tablette dont on aurait arasé la cire pour y tracer de nouveaux signes. Quand j’ai cherché un titre pour ce projet qui s’amorçait, elle s’est imposée comme une évidence.

Et pour occuper l’espace entre l’œil de la lectrice et l’image/texte, je lui offre… un extrait de Tabula rasa d’Arvo Pärt.

tabula_rasa_51

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Le samedi s’allonge et les vitrines affirment leur appel au bonheur.

tabula_rasa_53

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 tabula_rasa

 bélisle_marie 

{ tablette sur table }

 tabula_rasa

 bélisle_marie 

{ tablette sur table }

053

L’après-midi étale encore ses lueurs. Mais l’ombre de l’amie grignote ce qu’il reste de l’idée du poème et du blanc des silences. Son amour se fracasse sur les froideurs des marbres, son amour se disloque dans les pixels, son amour. Cet abandon dit-elle comme on dirait détruire pour conjurer le sort. L’image ne ment pas.

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L’après-midi étale encore ses lueurs. Mais l’ombre de l’amie grignote ce qu’il reste de l’idée du poème et du blanc des silences. Son amour se fracasse sur les froideurs des marbres, son amour se disloque dans les pixels, son amour. Cet abandon dit-elle comme on dirait détruire pour conjurer le sort. L’image ne ment pas.