Annoter le manuscrit d’un ami et poser dans la marge, de loin en loin, ce signe d’effacement, le deleatur. Imaginer alors tout ce qui pourrait être effacé de ce qu’on traîne avec soi, derrière soi. Et concevoir ainsi, parce qu’un signe nous fait signe, une mise en images et en mots de ces effacements.

Pour l’image, puisqu’il est question de soi – un soi qu’on voudrait ontologique, mais on fait avec ce qu’on a – il s’agira de détourner de son usage narcissique le selfie, en ce qu’il permet de capter, outre soi, ce qu’il y a derrière soi. L’essentiel, en l’espèce, sera derrière.

Ensuite, le hasard (presque) de la prise de vue révélera quelque objet, quelque image dans l’image, qu’on voudra effacer et traduire (et trahir) par les mots.