fabricatio 006

Écrire, serait-ce donc phagocyter le réel, profiter, au sens le moins noble du terme, des amours et des morts qui nous emportent hors de nous-mêmes ? Ne serait-ce donc que ça, une tentative à la fois désespérée et magique de retenir l’éphémère, d’en faire un in-fini où les mots momifient les êtres et les choses ?

Les mots que l’on donne à quelqu’un nous appartiennent-ils toujours ? Ou sont-ils passés, comme un plaisir reçu ou une douleur subie, irrécupérables et périmés dès lors qu’ils ont été livrés à l’autre ?

Le poème, le livre, doit-il dire de qui il parle, donner à la lectrice les clés ou certaines clés de la fiction ayant précédé et provoqué la diction ?

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© 2017 bélisle marie